Ceüse

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De retour en France, ca y est, depuis mi-juillet. Et à peine rentrée, pas eu le temps de défaire mes valises que j’étais déjà repartie pour une semaine de grimpe à Ceüse avec ma soeur Julie Michelard et son copain Baptiste Dherbilly. Et une nouvelle fois pendant deux jours ce mois-ci avec les copains d’Annecy.
J’étais allé à là bas il y a looooongtemps et tout ce dont je me souviens c’était les cartouches que j’avais laissé dans la marche d’approche 😂
Je me suis donc rendue sur le sublime site sans vraiment à quoi m’attendre. C’est drôle, quand on arrête l’escalade pendant longtemps, on perd tous ses repères. Même si je me souvenais de quelques voies que j’avais réussi, c’était il y a longtemps, je n’avais pas le même corps, pas la même condition physique, pas le même entraînement non plus ! C’est donc une toute nouvelle expérience à chaque fois. Mes cartes sont différentes. Je dois composer. Je suis plus lourde, je n’ai pas d’entraînement en résistance, ni de préparation physique. J’ai juste mon expérience et un amour pour l’escalade en falaise que je me découvre et qui grandi de jour en jour. Et finalement, ca pèse beaucoup dans la balance. Avoir envie, c’est la moitié du chemin.
La grimpe outdoor, c’est une toute nouvelle approche de l’escalade pour moi. Quand en compétition tout était porté sur le résultat, sur la finalité, j’apprend aujourd’hui à apprécier le processus. Je ne subit aucune contrainte, je n’ai ni planification, ni période où je dois être « affutée ». Je suis mon rythme, je ne suis pas plus motivée par la croix que par les nombreux échecs que je rencontre avant de réussir une voie. 
Je me découvre parfois un plus grand sourire après un vol qu’après avoir clippé le relais. Pour moi, dépasser mes limites, c’est aujourd’hui tout ce qui compte. Et plus je mets les chaussons, plus je me rend compte qu’il n’y a pas de limite. Moi qui tremblais dans des 6c il y a un an, je m’encorde aujourd’hui volontiers dans des 8a, et je travaille un 8b à Demi-Lune. La dernière fois que  j’ai sorti une voie dans le 8eme degré, ca devait être un 8b à Oliana, en 2010 ou 2011 peut-être ? Autant te dire que j’étais très intimidée avant d’essayer Le Chirurgien du Crépuscule, 8b, à Demi Lune. J’avais un peu honte, j’étais mal à l’aise. Mais quelque chose m’a poussée à essayer cette voie. Et la vie fait bien les choses parce que j’en suis tombée amoureuse. 
Bien sûr que je pense à l’enchaîner, mais je ne suis pas pressée. J’adore grimper dans cette voie. J’adore les mouvements, j’adore les sections rési et exigeantes qu’elle propose. J’adore m’y confronter, encore et encore, et sentir le progrès. C’est une confrontation avec moi-même et avec ce que je me crois capable de faire. Avec cette voie j’apprend à taire mes doutes et mes peurs. J’apprend à oublier mes limites, parce que si je les dépasse à chaque fois, c’est bien qu’elles sont fictives. Je ne pensais jamais remettre un baudrier, encore moins retourner dans un 8b. Aujourd’hui j’y suis, et je ne suis pas ridicule. Je travaille. Sur moi, sur ma grimpe, sur mon rapport à l’effort, à l’engagement, à la peur. J’apprend à composer avec chaque jour et son lot d’émotions positives et négatives, mon état de forme et les éléments extérieurs. On est tous plus ou moins sensibles à certains types d’expériences. Pour moi, l’escalade est le domaine où je tire le plus de leçons. Ca m’apprend beaucoup, ca me fait grandir, et j’espère toujours avoir cette relation de confiance avec ce sport. 
Un jour, j’enchainerai Chirurgien, ce jour où j’aurais assimilé tout ce qu’il me fallait assimiler et je pourrai passer au projet suivant 🙂 


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