Choose Happiness – Pourquoi j’ai quitté le design de mode

Mon parcours postbac est aussi chaotique qu’il a été tranquille avant ce fameux diplôme. Oui, j’ai intégré l’école maternelle à 2 ans. Rapidement, je savais lire, je n’ai donc pas eu besoin de faire la grande section, j’ai atterri directement au CP. Bien que j’ai toujours adoré apprendre, le CP a été le début de mon désintéressement à l’école. Je savais lire, et je me retrouvais enfermée dans une classe où l’on répétait plusieurs fois les mêmes mots, où l’on recopiait plusieurs fois les mêmes phrases, … mais surtout où l’apprentissage rimait avec chantage.
Ce n’est pas pour rien que j’ai fugué de mon école à seulement 5 ans. Bref, oui, j’avais mon petit caractère déjà bien établi !
Mis à part cet incident, mon parcours scolaire a été plus que correct. Je n’ai connu aucune difficulté particulière en dehors du fait de devoir rester assise sur une chaise et rester concentrée, le mal de bien des enfants, on est d’accord.
J’obtiens donc mon BAC ES en 2011. A l’époque, j’étais encore sportive de haut niveau, mes entrainements étaient soutenus, je me déplaçais souvent à l’étranger pour les compétitions. Et vu qu’aucune formation ne me vendait du rêve, je me suis inscrite à la fac sans jamais n’y mettre les pieds.

Bien contente d’avoir échappé à la contrainte école-collège-lycée, je pense pouvoir enfin m’épanouir, être libre, être moi. Je déchante vite quand il faut déjà choisir. Choisir quoi ? Où ? Qu’est ce qui est fait pour moi ? Où puis-je exploiter tout mon potentiel ? Où puis-je dépenser cette énergie qui brûle en moi ? Je n’avais aucune réponse à mes questions. Sans m’en rendre compte, je prenais déjà des décisions révélant ma vraie nature. Un peu plus d’un ans après l’obtention du bac, je décide de mettre un terme à ma carrière de sportive de haut niveau. Sans vraiment savoir pourquoi sur le moment, j’avais développé un dégout pour cet environnement et pour la personne que je me reflétais. Prendre des décisions sur un coup de tête, c’est tout moi, ca, au moins, je le sais !

Bien que pas passionnée par mes études du moment, j’arrive à faire passer la pilule en passant un semestre en Colombie, où j’ai l’impression de me reconnecter avec une partie de moi. Viens le moment de rentrer, de finir mon diplôme et de chercher une licence. Avec le recul, ca me paraît gros comme une maison, c’est comme s’il y avait un panneau clignotant me disant que c’était une mauvaise idée. Mais je l’ai fait. Je ne sais pas pourquoi. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas vu que ca n’était pas moi. Enfin si, je ne savais tout simplement pas qui j’étais (en surface). Je décide donc de choisir une licence en communication audio-visuelle en Espagne, ce qui, de prime abord, me correspond pas mal. J’adore les moyens de communication digitaux, j’adore la photo, la vidéo, et tout ce genre truc tu vois…  Après quelques mois, je décide (encore sur un coup de tête) de préparer ma petite valise et de quitter mon appartement de Murcia dans la nuit, pour conduire jusqu’à Barcelone et passer des entretiens d’embauche. Bcn, c’est mon rêve, c’est la ville qui me fait vibrer. L’espagnol, c’est mes origines, c’est une vraie partie de moi, même si je ne le maitrise pas bien. Je ne savais pas expliquer à l’époque ce qui m’a poussé à faire mes valises, sans un sou en poche, et de tenter l’aventure à Barcelone. Mais j’avais cette espèce de flamme à l’intérieur qui m’a dit d’y aller. Alors oui, j’ai vite trouvé un job, il était très mal payé (voire pas du tout) et j’ai grillé le peu d’argent que j’avais sur mon compte en banque très rapidement. Je suis donc rentrée en France, sans ma licence, sans travail et sans argent en poche. J’étais contente quand même d’avoir écouté mon instinct, mais la majorité des personnes prennent ça pour un échec. Se tromper, ne pas réussir du premier coup, ça en terrorise certains.

A mon sens ce n’est pas la finalité qui est importante, c’est le chemin. Qu’on ait atteint le but ou pas, on apprend en faisant. Et si la pression peut être bénéfique, elle ne doit pas empêcher le mouvement. Elle ne doit pas paralyser votre flamme intérieur.

On s’éloigne du sujet, je dois quand même finir par te dire pourquoi j’ai quitté mon Ecole de design. Suite à ma courte expérience à Barcelone, je suis donc rentrée chez ma mère, en Haute-Savoie, pour y trouver du réconfort et les ressources nécessaires pour rebondir. Pas facile de debriefer sur mon parcours avec quelqu’un d’aussi radicalement différent que ma mère. Bien qu’on s’aime très fort, on a parfois des difficultés à se comprendre. J’ai donc passé beaucoup de temps avec mon papa, j’ai trouvé un travail et j’ai rencontré une personne qui m’a mis un coup de pied au cul, comme on en a parfois besoin. Voyant que je ne vibrait pas grâce à cet emploi, il m’a poussé à reprendre mes études dans un domaine qui me plaisait. C’est là que j’ai choisi d’intégrer une Ecole de design, en MANAA (Mise à Niveau en Arts Appliqués), pour ensuite intégrer un BTS design de mode et développer plus tard ma ligne de vêtements de sport. La MANAA, bien que difficile, fut accomplie avec succès et c’est sans trop me poser de questions que j’ai poursuivi avec le BTS mode. J’ai appris beaucoup, j’ai aimé créer de mes propres mains, découvrir de quoi j’étais capable dans ce tout nouveau monde qui m’attirait depuis si longtemps. J’ai aimé mettre à exécution les idées qui flottaient dans ma tête. Ca, c’était la partie bénéfique de mon année et demie passée là bas. Mais j’ai aussi très mal vécu beaucoup de choses. Notamment cet espèce d’écart entre la créativité dont je devais faire preuve mais cette case où l’on essayait de toujours me faire rentrer. Avec le temps, on s’apprivoise, on se découvre, on apprend à se connaître… Et à 24 ans je ne suis plus aussi malléable qu’à mes 20 ans, encore moins qu’à mes 15ans. Rentrer dans une case ne faisait pas du tout partie de mon plan, c’était même inconcevable, et source d’anxiété pour moi. Moi qui découvrait à peine ma propre personne, ma propre force, mes propres qualités, comment pourrais-je accepter de retourner dans un schéma où l’on ne considère pas ta personne mais qu’on essaye plutôt de te tailler comme une pierre qu’on voudrait intégrer à une collection ?

Voilà selon moi ce que sont les écoles de design –

Encore une fois, c’est mon expérience, mon ressentis. Un tas de personnes s’y sentent bien, et ont besoin de ce cadre. Un tas de personnes plus jeunes peut-être. J’y ai rencontré un bon nombre de personnes incroyablement créatives, cependant ce n’est pas fait pour tout le monde. Le fonctionnement d’une telle école est radicalement opposé à ma personne, à ma façon de fonctionner, mais encore une fois, ca m’a donné une leçon sur moi-même. Je suis bel et bien autodidacte. Je déteste, déteste, dé-teste le système scolaire français. Je m’y sens mal, je n’ai jamais trouvé ma place, j’ai toujours eu le sentiment d’être au mauvais endroit malgré que les sujets que j’étudiais m’intéressaient. Ca a finalement pris des années à me monter au cerveau … J’imaginais que j’étais scolaire parce que j’avais des bonnes notes pendant toute ma scolarité. J’imaginais que si je n’avais pas de master, je raterais ma vie professionnelle. Pourtant je suis entourée de personnes aux parcours tellement différents. Mon père et mon oncle n’ont pas le bac, ils sont respectivement cadre et à la tête d’une entreprise. Ma cousine a bac+2 et elle gère aussi sa propre entreprise. Au contraire, mon cousin a bac+5, a été premier de sa promo mais a du sous-évaluer son CV pour pouvoir trouver un travail.

J’ai cette chance immense d’avoir une grande famille, et une belle famille. Remplie d’êtres très différents, aux intelligences diverses, aux facultés surprenantes, à la détermination de fer, et qui disposent d’un amour tellement immense à donner que parfois ça me submerge. Et ces personnes là, elles ne veulent que le meilleur pour moi. Elles s’inquiètent, elles essayent de me donner les clés.. Mais les clés on ne les trouve vraiment que soi-même. Et à l’époque où nous évoluons nous, jeunes adultes, je me rend compte que se trouver aussi bien personnellement que professionnellement est un processus long et souvent très douloureux.

Heureusement, à Lyon, bien qu’en retrait de ma famille, je me suis fais mon petit cocon. Je partage mon studio avec Maja, mon chat, et j’ai rencontré des personnes formidables. C’est souvent qu’on s’allonge sur les tapis de la salle, qu’on s’affale sur un canapé, où qu’on lève le coude pour refaire le monde et trouver ce qui, vraiment, nous rendrait heureux. Attention, j’ai passé plus d’heures que je ne peux compter à étudier le sujet. Tout ca pour en conclure une chose évidente: Le bonheur, tu le choisis. Si tu le choisis, il t’habitera. Mais tu dois faire les bons choix pour toi, et c’est parfois difficile pour une espèce sociabilisée comme la notre. On ne nous apprend pas à se différencier de la masse, on nous suggère d’être raisonnable, conventionné et réfléchi. Autrement dit, d’agir avec la tête, et pas avec le coeur. Et bien, pour moi, il faut savoir déconnecter ce cerveau et écouter cette chose qui bat en nous. Laisse ton inconscient prendre le dessus, il sait mieux que personne ce qui te fais du bien. C’est lui qui nous protège, c’est lui aussi qui devrait nous guider selon moi. Notre intellect est très utile pour énormément de choses, mais on nous a aussi beaucoup pollué cet outil. Se recentrer sur soi, sur ses émotions, sur le moment présent, le ressenti, c’est essentiel. Prendre le temps, respecter le silence, .. Il nous fait grandir. Déconnecter, juste quelques minutes par jour, ca permet de prendre des décisions qui sont en accord avec nous-même. Et à ce moment là on peut se servir de toutes nos compétences pour avancer. Imagine toute l’énergie que tu dépenses aujourd’hui dans des processus qui ne te rendent pas heureux. Maintenant imagine placer cette énergie dans quelque chose qui t’anime. Ne penses-tu pas que tu pourrais décrocher les étoiles ?



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *